frenchhope: empathie*

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    https://www.patheos.com/blogs/danthro...ligion-show-more-empathy-and-kindness
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  2. Selon Volk et ses collègues, le harcèlement offre à ses acteurs des ressources somatiques (associées à la croissance et à la survie) et sexuelles, deux types de bénéfices essentiels qui les avantagent autant d'un point de vue individuel que collectif. Et qui permettent de comprendre pourquoi, malgré toutes les alertes, les campagnes de sensibilisation et les prises de conscience, le harcèlement n'en finit plus de perdurer.

    Dans le classique de Colin Turnbull sur les Iks, chasseurs semi-nomades vivant en Ouganda, l'anthropologue britannique montre bien que le harcèlement est d'autant plus intense qu'il succède à des périodes de déplacements forcés et/ou de privations alimentaires, avec de jeunes générations considérées comme bien plus violentes et cruelles que celles de leurs grands-parents, nostalgiques de la cohésion sociale qui semblait caractériser leur époque. Une tendance similaire se retrouve chez les Eskimos Utkus analysés dans les années 1960 par Jean L. Briggs, avec une poussée de harcèlement consécutive à des temps de phoques maigres. «Obtenir de l'argent pour manger, ou plus directement de la nourriture, pourrait être une fonction importance du harcèlement», notent Volk et ses collègues.

    Sur un plan physiologique, plusieurs études citées dans leur synthèse établissent un lien entre santé, stress (mesuré par les taux de cortisol dans le sang) et dominance sociale, et montrent que les harceleurs sont en général dans un meilleur état (physique et mental) que leurs victimes.

    Harceler est utile pour se garantir des emplois aux dépens des personnes harcelées ... » Un phénomène logiquement plus notable dans des environnements professionnels où les bonnes places sont chères.

    Ce qui permet aussi de comprendre pourquoi les membres de la Ligue du LOL peuvent être effectivement considérés comme des adolescents attardés: si, dans des environnements plus primitifs comme ceux des chasseurs-cueilleurs, l'âge «naturel» du harcèlement coïncide généralement avec celui de la puberté, dans nos sociétés où la compétition interindividuelle est relativement modérée à cet âge, toutes les conditions sont remplies pour que le harcèlement en vienne à se «décaler» aux alentours de l'entrée dans la vie active.

    Une étude citée par Volk et ses collègues montre ainsi que les harceleurs, mâles comme femelles, ont une puberté plus précoce, commencent leur vie sexuelle plus tôt, se mélangent socialement davantage avec le sexe opposé et ont globalement davantage de partenaires sexuels que leurs victimes et/ou le reste de la population non concernée par le harcèlement. Comment se fait-ce? Sans doute parce que les harceleurs manifestent davantage de traits sexuellement valorisés que les autres et sont effectivement (du moins en ce qui concerne les garçons) considérés comme plus séduisants.
    http://www.slate.fr/story/174225/harc...tinue-evolution-ressources-adaptation
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    https://www.youtube.com/watch?v=geiVAWYqOZ0
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  4. en 2010, trois neuroscientifiques des universités de Bologne, Lyon et Rome, Alessio Avenanti, Angela Sirigu et Salvatore Aglioti, ont fait une expérience de ce type, en montrant à des volontaires sains des vidéos d’une main se faisant piquer par une aiguille. Mais cette fois, la main suppliciée était soit celle d’un Blanc, soit celle d’un Noir. Or, les spectateurs blancs observant la scène n’ont pas réagi de la même façon dans les deux cas. La différence se manifestait à un niveau très profond du système nerveux. En effet, lorsque nous entrons en empathie avec une personne qui reçoit un coup sur une partie du corps, les neurones de notre cerveau qui commandent cette partie du corps réduisent automatiquement leur activité électrique, comme ils le font si nous sommes agressés sur cette même zone corporelle. Ainsi, une piqûre sur un muscle de la main se traduit par une baisse brutale de l’activité des neurones qui relient notre cortex moteur à notre moelle épinière et commandent les mouvements de ce muscle. Or ce signal neurophysiologique d’empathie était bien présent chez les spectateurs blancs voyant la main d’un Blanc se faire piquer, mais pas lorsqu’il s’agissait de la main d’un Noir.

    Dans d’autres expériences, l’activité cérébrale de Blancs voyant souffrir des Asiatiques a été mesurée par IRM : les zones de la douleur partagée (qui s’activent aussi bien lorsque l’on souffre et lorsqu’on compatit à la douleur d’autrui), notamment le cortex cingulaire antérieur et l’aire motrice supplémentaire, s’activaient moins que si c’était un individu blanc qui était maltraité.

    L’ethnopathie est au groupe ce que la psychopathie est à l’individu. Sous l’effet du groupe, nous réduisons notre empathie pour les communautés extérieures.

    Si vous lisez ces résultats de la façon la plus factuelle, vous en conclurez que nous sommes tous plus ou moins des « psychopathes ethniques », comprenez des individus qui peuvent basculer en mode OFF d’empathie, selon la couleur de la peau de la personne qui se trouve en face… Certes, les études mentionnées précisent que le niveau de désactivation empathique vis-à-vis des personnes d’ethnie différente varie d’un individu à l’autre, et que le résultat global n’est qu’une moyenne ; il n’empêche que cette moyenne est établie sur des individus qui n’ont rien de psychopathes.

    Le cerveau humain « normal », non psychopathe, serait donc doté d’un mode empathique par défaut, mais qui a une certaine tendance à se déconnecter lorsqu’il est confronté à la souffrance de personnes ne faisant pas partie de son groupe ethnique – ou plus précisément, son groupe social. Car les lignes de fracture de l’empathie ne dépendent pas que de la couleur de peau, elles craquellent l’humanité à de multiples niveaux : entre ethnies, entre nations, milieux professionnels ou équipes sportives. Le psychologue social Emile Bruneau, de l’université de Pennsylvanie, réalise ainsi des expériences dans diverses zones du globe où se manifestent des antagonismes entre nations (aux États-Unis, vis-à-vis de l’immigration mexicaine) ou entre ethnies (en Hongrie, vis-à-vis de la communauté Rom), avec des résultats assez clairs. Sa méthode consiste à évaluer la représentation plus ou moins « humaine » que des échantillons d’Américains ont de minorités comme les Mexicains ou les musulmans, ou que les Hongrois ont à propos des Roms. Emile Bruneau parle de déshumanisation flagrante ou rampante, selon les protocoles expérimentaux qu’il met en œuvre. Dans le cas de la déshumanisation flagrante, il demande simplement aux personnes interrogées de placer un citoyen américain ou mexicain sur une frise classique de l’évolution de l’humanité, montrant le redressement progressif de la silhouette humaine depuis l’australopithèque jusqu’à l’homme moderne, au fil des centaines de milliers d’années. Si l’Américain moyen est totalement humain, le Mexicain ne l’est qu’à 83 % (entre Homo sapiens et l’homme de Néandertal) et le musulman qu’à 77 % (homme de Néandertal). En Hongrie, on place les Roms à 50 % d’humanité, vers Homo erectus.

    L’empathie s’arrête donc aux frontières de l’endogroupe, ce qui est le terme utilisé par les psychologues sociaux pour désigner le groupe auquel chaque individu appartient, qu’il s’agisse de sa famille, de son pays, de sa religion ou de son club de football. De l’autre côté de cette frontière se profile un continent sombre, où règne un autre sentiment que Bruneau appelle Schadenfreude. Un terme allemand que l’on pourrait traduire par la « joie de la souffrance ». Autrement dit, la cruauté ou le sadisme. Cette Schadenfreude est l’inverse de l’empathie, et il lui suffit de pas grand-chose pour s’enclencher.

    Par exemple, faire partie d’un club de supporters de football. En 2010, Grit Hein, Tania Singer et leurs collègues des universités de Zürich et de l’institut Max-Planck de Leipzig infligent des décharges électriques douloureuses à des supporters d’une équipe de football et mesurent l’activité cérébrale des supporters du club adverse : c’est un des centres du plaisir, le noyau accumbens, qui s’active chez eux quand leurs rivaux souffrent. La preuve que n’importe quel signe distinctif permettant de tracer une frontière entre « eux » et « nous » suffit – qu’il s’agisse de la couleur de la peau ou du logo imprimé sur le maillot de football. C’est aussi pourquoi les discours de propagande contre les Arméniens en 1915, les Juifs en 1933, contre les Tutsis ou les Kurdes à une époque plus récente, furent si efficaces pour rompre l’empathie et provoquer la Schadenfreude.
    L’humanité cesse aux frontières de la tribu, du groupe linguistique, parfois même du village ; à tel point qu’un grand nombre de populations dites primitives se désignent d’un nom qui signifie les « hommes » » , impliquant ainsi que les autres tribus, groupes ou villages ne participent pas des vertus – ou même de la nature – humaines. » Et d’ajouter que « Dans les Grandes Antilles, quelques années après la découverte de l’Amérique, pendant que les Espagnols envoyaient des commissions d’enquête pour rechercher si les indigènes possédaient ou non une âme, ces derniers s’employaient à immerger des blancs prisonniers afin de vérifier par une surveillance prolongée si leur cadavre était, ou non, sujet à la putréfaction... ».
    https://www.cerveauetpsycho.fr/sd/psy...la-face-sombre-de-lempathie-13054.php
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    https://www.sciencesetavenir.fr/anima...athie-un-sentiment-tres-animal_127784
    Tags: , , par frenchhope (2018-11-04)
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    https://www.slate.fr/story/167981/solitude-affaire-de-jeunes
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    http://www.ladn.eu/entreprises-innova...ces-ont-surtout-des-qualites-humaines
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    http://www.internetactu.net/2018/03/2...des-interactions-empathiques-pour-qui
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    http://www.zdnet.fr/actualites/quand-...les-emotions-des-clients-39865828.htm
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    http://www.zdnet.com/article/artifici...ice-analytics-to-predict-how-you-feel
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